Section de Malakoff (92)

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Rapport d'introduction à l'assemblée du 15 mai 2014

Quelle situation politique suite aux élections municipales ?

François Hollande a décidé de ne tirer aucun enseignement du recul de la gauche et de l'effondrement du PS aux municipales. Bien au contraire, malgré la lourde sanction des urnes, il maintient et renforce encore son cap politique libéral et sa fameuse politique de l'offre.
Comme le précise le rapport du CN, « le symbole que représente la nomination de Manuel Valls à Matignon, le dynamitage en règle du Parti socialiste, témoignent de la volonté assumée du Président de la République d'imprimer une nouvelle marque de la gauche, de procéder à un aggiornamento politique profond. Il y a bien une lame de fond, une stratégie réfléchie et construite depuis plusieurs années pour redessiner la gauche française en général et le Parti socialiste en particulier en l'alignant sur les critères du Labour anglais, de cette fameuse troisième voie voulue par Tony Blair ou du SPD allemand de G.Shroeder. »

Les mesures annoncées par Valls en sont la triste et violente illustration.

Pour financer le pacte de responsabilité, il a annoncé 50 milliards de coupes budgétaires dont 18 milliards pour l’État, 11 milliards pour les collectivités territoriales et 21 pour la protection sociale.
Ces mesures ont trouvé une majorité, certes diminuée, lors du vote de l'Assemblée nationale le 30 avril dernier et trouvent leur traduction dans les projets de loi des finances publiques et celui de financement de la sécurité sociale rectificatif.

Les prestations sociales ne seront pas revalorisées jusqu'en octobre 2015.
Sont concernées les pensions du régime de retraite de base ainsi que les retraites complémentaires. La revalorisation promise du RSA, du complément familial et de l'allocation de soutien familial sera décalée d'une année. Les salaires seront à nouveau gelés jusqu'en 2017 dans la fonction publique comme c'est le cas depuis 2010.d’où les manifestations de cet après-midi à l’appel de 7 syndicats de la fonction publique.

Avec ces mesures, il s'agit d'une attaque inédite contre les plus faibles revenus qui traduit dans les actes cette mutation idéologique d'une partie du PS.
Les entreprises françaises ont versé 50 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, mais Valls les épargne et ose quand même s'attaquer aux plus faibles revenus au nom d'un « effort commun » !
Non seulement c'est d'une injustice inouïe, d'une inefficacité économique avérée, mais c'est une insulte monumentale, une atteinte à la dignité de millions de Français

Pour faire passer la pilule, Valls, dans un formidable tour de passe-passe, essaye de nous diviser et de faire croire aux smicards qu'ils vont gagner 500 euros de plus par an.
En vérité, il remplit la poche droite des smicards en vidant leur poche gauche... Pire, cette mesure est la reprise d'une proposition de l’organisation l'UIMM, l'aile la plus antisociale du MEDEF et figurait dans le programme de campagne de Sarkozy en 2012.
Non seulement cette réduction des cotisations salariales sur le SMIC va créer une trappe à bas salaires mais elle fragilisera considérablement notre système de Sécurité sociale : de son financement mutualisé à partir de la richesse produite par les salariés dans les entreprises, il s'agira de passer à un financement par l'impôt pesant sur les ménages avec, en perspective, la diminution progressive du périmètre de la politique familiale.

Évidemment, cette orientation politique et le coup de force de l’Élysée sur le PS crée des troubles dans les rangs socialistes et de plus en plus manifestent leurs désaccords… 100 députés socialistes ont été signataires d'un appel adressé à Manuel Valls, suite à la présentation de son pacte de stabilité.
Néanmoins, ils n'ont été que 11 à ne pas voter la confiance au 1er ministre et 41 députés socialistes se sont abstenus lors du vote du 30 avril Cette uniformisation politique, ces rapprochements politiques autour des théories des chocs libérales renforcent la crise politique et démocratique que connaît notre pays. Plus simplement, quand un gouvernement de gauche fait une politique de droite, les effets sont ravageurs du point de vue du rapport de force idéologique. En reprenant les recettes sarkozystes, Hollande et Valls les légitiment et renforcent l'idée qu'il n'y a pas d'autres solutions, pas d'alternative. Le seul recours serait alors une alternance de gestion sur un consensus de fond.

Pourtant, les vieilles recettes libérales n'ont jamais cessé de démontrer leur inefficacité. Au total, la perte pour les comptes sociaux des multiples exonérations sociales depuis 1992 culmine à 250 milliards d'euros ! En termes d'emplois, 30 ans d'exonérations pour baisser le fameux “coût du travail” ont abouti à 30 ans d'explosion du chômage ! L'Humanité nous rappelle aujourd'hui que même au sein de la commission européenne, on commence à s'interroger sur les conséquences de l'austérité. Un rapport confidentiel révèle qu'entre 2011 et 2013, l'austérité budgétaire aurait fait perdre 4,78 points de croissance à la France, avec un constat équivalent pour toute l'Europe.

Si l'explosion de la crise en 2009 nous avait permis d'ouvrir des brèches dans les consciences sur l'idée que l'argent existe mais qu'il faut répartir autrement les richesses, le matraquage intensif sur la dette et « la nécessité de réduire les dépenses », « de faire des économies », « de redresser les comptes de la nation » comme on redresse celui de son ménage, font de nouveau leur retour dans les têtes, avec cette idée simple qu'un gestionnaire sérieux et responsable doit faire preuve de rigueur.

Indéniablement, c'est à un véritable effort de reconquête idéologique que nous devons travailler. Pour cela, nous avons besoin de sortir des querelles stratégiques et de renouer avec un FDG radical sur le fond, mais ouvert sur les formes de rassemblement. Ce travail, nous devons le mener, comme nous y appelle Pierre Laurent dans l'HD, avec « les forces politiques, sociales, culturelles, intellectuelles qui ne renoncent pas à gauche et qui doivent trouver les voies d'une expression et d'une action majoritaire. »

De ce point de vue, la marche du 12 avril a été une belle réussite. Le travail d'élargissement effectué des sections jusqu'au Conseil National a porté ses fruits. Non seulement nous avons contribué à une grande mobilisation mais en plus, plus variée dans sa composition.
Plusieurs fédérations de la CGT, le syndicat Sud Solidaires, des sections membres de la FSU et de nombreux militants associatifs et leurs organisations étaient présents. Contrairement aux marches précédentes, le caractère plus collectif de cette marche construite par un collectif de 50 organisations, a permis un élargissement qui pose les bases de convergences inédites depuis longtemps et des suites vont être envisagées.
Baptiste Talbot, secrétaire de la fédération CGT des services publics, disait dans l'HD que « les grandes avancées sociales ont été obtenues dans le cadre de démarches de ce type et qu'on ressent le besoin de construire des réponses nouvelles, que ce n'est ni le champ politique à lui seul, ni le champ syndical qui peuvent le faire ». Si le cadre pour le permettre reste à inventer, cette marche tient de belles promesses pour l'avenir et pourrait bien inspirer nos réflexions sur la démarche de rassemblement du Front de gauche.
 

J'en viens aux élections européennes.

Nous pouvons immédiatement trouver un prolongement à cette marche et à la mobilisation contre les annonces de Valls avec la campagne des élections européennes. Les choses ne sont pas à découper, car elles sont intrinsèquement liées.
Au final, l'objectif de toute cette recomposition réactionnaire orchestrée par Hollande, est de chercher à aligner le système français de prélèvements publics et sociaux sur celui de l'Allemagne et de se conformer au pacte de stabilité européen, au nom d'une prétendue harmonisation européenne dont l'effet sera, en pratique, d'élargir la part de la richesse nationale préemptée par les prélèvements financiers.

Les 10 milliards d'euros de moins aux collectivités territoriales, la suppression de la compétence générale pour les départements et les régions, la rationalisation de la carte de l'intercommunalité, le regroupement forcé des régions et pour finir, la suppression des départements en 2021, tout cela va démanteler la République, tuer la décentralisation et la démocratie locale pour un modèle fédéral où les territoires devront être gérés comme des grandes entreprises, où on inventera un classement à la CAC40 de ces territoires !

En annonçant les mesures de financement du pacte de responsabilité, Manuels Valls a d'ailleurs rappelé qu'il s'agissait de se plier au diktat des 3% de déficit du pacte de stabilité dès 2015.

Pour résumer, comme le fait Patrick Le Hyaric dans l'HD, « le dispositif général vise à adapter notre pays, ses institutions, son droit social, aux canons de l'Europe ultralibérale pour mieux satisfaire les demandes du grand patronat et des marchés financiers. »

Ce système injuste et inefficace, cet accaparement des richesses par une minorité de 67 familles à l'échelle mondiale est de plus en plus rejeté.
20 ans après le traité de Maastricht, les peuples d'Europe ont fait l'amère expérience de la fameuse « libre concurrence ». À l'époque, droite et PS faisaient meeting commun pour vanter les mérites de ce traité qui allait selon eux « ouvrir une nouvelle ère de prospérité ».

Résultats : 27 millions de chômeurs, 120 millions d'Européens considérés comme pauvres, reculs des droits sociaux, gel et baisse des salaires, casse des services publics...
La crise qui frappe tous les pays de l'Union européenne consacre l'échec retentissant d'un certain type de construction européenne. Pour autant, partout l'offensive ultra libérale s'accompagne d'une montée spectaculaire des forces les plus réactionnaires. Nous savons que si l'orientation ultra libérale de l'UE est remise en cause, c'est souvent la tentation du repli nationaliste qui l'emporte.

C'est pourquoi, les quelques jours qui nous restent d’ici le 25 mai doivent porter le fer autour de deux idées simples : Stop à l'austérité ! Priorité au développement social et humain, à la solidarité et à la transition écologique ; et le deuxième axe : libérons les États de la dictature des marchés financiers, impulsons une démocratie nouvelle.
Voter Front de gauche, c'est dire stop à l'austérité et c'est reprendre le pouvoir sur les marchés financiers.
9 jours nous séparent de ce scrutin. Nous devons donc aller à l'efficacité d'abord en s'adressant à notre électorat en s'appuyant sur les résultats des municipales mais aussi à tous ceux qui ont voté Front de Gauche aux élections présidentielles de 2012. Nous avons des arguments prioritaires à développer pour que notre électorat perçoive immédiatement l'intérêt qu'il a à aller voter.
L'échelle européenne est perçue comme lointaine, hors d'atteinte. Nous avons besoin de travailler le lien entre le vote du 25 et les changements qu'il peut produire.

C'est une campagne éclair que nous devons mener. Les négociations difficiles au sein du FDG sur les listes ne nous ont pas facilité la tâche. Mais sans rien occulter de ces difficultés, l'heure est à la mobilisation, viendra ensuite le temps du bilan. Si nous savons que les élections européennes battent des records d'abstention, redoublons donc d'effort pour politiser cette échéance.
Le calendrier resserré a été lui-même un élément visant à confisquer le débat aux citoyens. D'un côté, le PS tente avec une démagogie sans borne de condamner l'austérité à Bruxelles tout en la mettant en œuvre à Paris et de faire porter la responsabilité de la situation à la droite européenne.
L'UMP reste elle bien silencieuse sur son programme et parie surtout sur une sanction du PS comme pour les municipales. La droite se contente de taper sur Valls en évacuant le fond sur lequel ils sont d'accords.
Et le FN déjà présenté par les médias comme le grand vainqueur du scrutin va jouer son couplet traditionnel des mondialistes de « l'UMPS » contre les sauveurs de la nation du rassemblement bleu marine.

Le décor est planté, à nous de tout bousculer. Ni repli nationaliste, ni statu quo, avec la candidature d'Alexis Tsipras à la commission européenne, c'est bien à faire converger tous les peuples d'Europe vers une alternative à l'austérité que nous travaillons.

Durant ces quelques jours, nous avons besoin de développer toute une série d’arguments pour crédibiliser l’idée qu’une autre Europe est possible.
Nous le savons, des enjeux comme l’euro, le dumping social, sont au cœur du débat. Mais ne nous y trompons pas, l’enjeu est également national.
La crise politique qui traverse la gauche va être au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Il y a une conscience aigüe chez les militants qu’au-delà du nombre de nos élus au parlement européen, c’est avant tout la possibilité de reconstruire la gauche en France qui se joue, en partie, à cette élection.
Entre les scores nationaux de l’UMP et la montée du FN, nous devons ramener des millions de personnes vers la stratégie du Front de gauche. Pour réaliser cet objectif nous sommes confrontés à une difficulté.

Le niveau de désillusion est tel qu’en dehors de l’action de grande proximité, d’action conjointe avec les habitants, les salariés, il n’y aura pas de mobilisation. Pour la droite et l’extrême droite c’est différent, ils peuvent compter sur la démobilisation de notre électorat… et la colère de leur couche sociale.

Comme je vous l’ai dit, ils nous reste que quelques jours.

Pour information, une lettre de Catherine Margaté adressée à tous les Malakoffiots va être distribuée en début de semaine prochaine les invitant à voter pour la liste Front de gauche. Les cellules du quartier nord organisent samedi à la MVA à partir de 11h30, une rencontre débat avec Hélène Cillières et Aïssa Terchi en présence de Catherine Margaté. 3500 flyers ont été distribués dans ce quartier
Des distributions sont à organiser pour samedi et dimanche devant Intermarché et le marché dimanche.
Il reste des tracts en quantité qui annonce le meeting du mercredi au cirque d’hiver avec les candidats de notre liste pour l’ile de France

Un 8 Pages sur les européennes vient d’arriver, suite à une réunion du collectif Front de Gauche de mercredi dernier nous essayons d’avoir un tract redonnant des éléments sur les vraies forces progressistes en Europe pour construire une autre alternative à cette Europe.
Des collages ont été faits, il faut poursuivre pour conserver la ville aux couleurs du F de G et de nos candidats.
Un calicot sur la section invite au vote Le Hyaric le 25 mai, il sera vu par des centaines de personnes, car il y a samedi la brocante sur la place de la mairie

 

 

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